Histoire de motocycliste Indian Motorcycle® : Larry Barnes

Comme c’est le cas pour beaucoup de motocyclistes, je me suis intéressé au motocyclisme sous l’influence directe de mon père. Mais ce sport nous a donné beaucoup plus que le plaisir de partager un loisir... il nous a fourni l’occasion de devenir de meilleurs amis.

Mon père, Donald W. Barnes, est né en 1920 et a grandi pendant la grande dépression. Son père (mon grand-père) exploitait un petit atelier de réparation de bicyclettes dans son garage afin de joindre les deux bouts; j’imagine qu’on pourrait donc dire que mon père a reçu son introduction au transport sur deux roues de la part de son père, ce qui fait de ce récit une histoire sur trois générations. Mais mon père, comme beaucoup de garçons ces jours-ci, a rapidement développé le goût de conduire quelque chose avec un moteur.

Lorsque j’avais environ 20 ans, mon père a commencé à faire des courses sur pistes de terre battue et de Tourist Trophy avec son frère, Clifford, qui était son metteur au point. Il s’est classé expert en Tourist Trophy à l’échelle de l’État vers la fin des années 1930, gagnant environ 35 courses locales et régionales. Sa moto de course préférée était une Indian 101 de 1929 modifiée. Mon oncle avait remplacé les culasses pour une meilleure performance et avait installé une roue avant plus large pour empêcher le cadre d’accrocher le sol pendant les virages à plat. Des trucs plutôt élaborés à l’époque. Ils ont plié la manette de rapports afin que mon père puisse changer de vitesse avec ses genoux (ne me demandez pas comment) et sans lâcher le guidon.

Malheureusement, la Deuxième Guerre mondiale a mis fin à la carrière de course de mon père (et à celle de nombreuses autres personnes). Et lorsqu’il est revenu, il était maintenant temps de s’installer, de se marier avec sa bien-aimée, Dorothy, et d’élever une famille (moi et trois autres enfants). Mais mon père n’a jamais perdu son enthousiasme pour les motos. Ensemble, Dorothy et lui ont ouvert un établissement concessionnaire Indian à Wooster, en Ohio, en face de l’ancien atelier de réparation de vélos de son père.

Lorsqu’Indian a fait faillite, mon père a vendu les actions qui lui restaient et, enfin, sa chère Indian Scout 101. Je me souviens encore du jour où le camion est venu la chercher. J’imagine que mon père avait conclu qu’il n’en aurait plus besoin ou peut-être que nous avions besoin du 50 $ qu’il a obtenu pour acheter autre chose. (Grosse erreur.)

Ma mère, à notre insu, a retrouvé l’homme à qui mon père a vendu la Scout 30 ans plus tard. Et, aussi incroyable que cela puisse paraître, il l’avait encore. Du moins, en avait encore la plus grande partie. Il semble que le fils de cet homme avait un talent pour le démontage d’objets, mais pas nécessairement pour leur remontage. La Scout de mon père avait été complètement démontée sur un plancher sale de cave et laissée pour compte pendant 20 ans. Mais ma mère a racheté le précieux tas de pièces rouillées pour 500 $ et l’a redonné à mon père pour leur 40e anniversaire. Et c’est ainsi qu’a commencé un processus de restauration qui a duré cinq ans, jusqu’à ce que la moto de course Indian Scout 101 de 1929 de mon père soit restaurée dans son état d’origine. Lorsqu’est venu le temps de la conduire pour la première fois, mon père l’a enfourchée et est parti comme s’il l’avait conduite la veille.

Mon père, ma mère et ma famille entière étaient très contents de ravoir la Scout comme membre de la famille. Mon père la conduisait pendant des parades communautaires et nous participions tous à des sorties avec le All-American Indian Motorcycle Club. Elle valait tout l’or du monde pour lui... et lorsque je le visitais, il fallait absolument aller au garage et discuter de ce qui devait être remplacé, réparé ou astiqué. Et bien sûr, il fallait la démarrer encore une fois.

Malheureusement, mon père n’a eu que quelques années pour profiter de sa Scout avant de recevoir un diagnostic de tumeur au cerveau. La motocyclette est alors devenue sa raison de vivre. S’il pouvait guérir, il pourrait la conduire de nouveau. Mais cela ne s’est jamais réalisé. La dernière fois qu’il a pu sortir de la maison, j’ai poussé son fauteuil roulant jusqu’au garage pour qu’il puisse voir sa Scout bien-aimée. Nous l’avons assis sur la selle et pouvions voir à travers nos larmes qu’il revivait une randonnée (ou peut-être une course) qu’il avait faite il y a 50 ans. Je n’oublierai jamais le moment où il a faiblement pointé un endroit de corrosion imminente, et je savais qu’il me rappelait de prendre soin de la moto après son départ.

Mon père est décédé en 1996 et la Scout est maintenant à moi. Elle ne quittera plus jamais la famille Barnes.

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